Ils kloutent donc ils sont (influents) ? Doit-on enfoncer le klout dans la plaie ?

La semaine dernière, Le Vif L’Express publiait donc ‘son classement – cuvée 2013’ des Top 100 francophones les plus influents sur les réseaux sociaux, par Ettore Rizza. (Classement actuellement disponible aux abonnés en ligne ou dans la version papier n°9 – 31 année, du 1er au 7 Mars 2013).

(Pour rappel, le classement cuvée 2012 est disponible en ligne).

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’exercice est périlleux, voire casse gueule pour celui qui tentera de consolider un classement.

Ce top 100 livre donc une liste somme toute discutable à plus d’un titre. Loin de moi l’idée de polémiquer ou de faire la moue car mon pseudo twitter n’y est plus repris mais je voulais réfléchir à quelques questions ma foi légitimes.

L’adage confirme que la critique est aisée, l’Art est difficile. Je n’ai pas de diplôme de journaliste ni d’investigation mais les points suivants m’interpellent :

Définition

Tout d’abord, il conviendrait de mettre tout le monde d’accord en rédigeant un préambule contenant les ‘terme de références’ (TOR). Ce préambule définirait d’abord ce que sont les réseaux sociaux. Peut-on s’arrêter aux médiaux sociaux ‘classiques’ tels que Facebook ou Twitter ?

Ensuite, il conviendrait de définir, sans jouer sur les mots, la définition d’influence. Parle-t-on de la côte de popularité ou … ? En quoi le compte par exemple de Justine Henin (130 tweets) influence-t-il la communauté et/ou la twittosphère ?

Merci à @Antitrope  et @caro_bxl pour mettre en avant la définition de la théorie et/ou définition de l’Influence de Robert Dahl.

Caroline résumera en ce tweet : “Influence de A sur B = capacité de A à faire changer B d’avis”.

La définition n’est point aisé et serait  donc, pour moi, le premier pré-requis pour aller de l’avant et étayer les fondations pratiques et/ou scientifiques du classement à établir.

Peut-être déjà un élément de réponse dans l’étude : Technorati Media 2013 Digital Influence Report ?

Méthodologie

Ensuite, l’on peut légitimement challenger la méthodologie utilisée.

D’abord, pourquoi faire une confiance quasi aveugle aux algorithmes de Klout ? Klout a déjà fait beaucoup parler de lui, au travers des dernières années.

Par exemple dans certains blogs dans lesquels les auteurs indépendants mettent en xergue que Klout n’est pas digne de confiance et/out fiable. Un exemple parmi tant d’autres : Luke Stokes ‘Don’t trust klout’.

Klout consolide les présences et activités des utilisateurs qui ont daignés lier leurs différents comptes ‘médias sociaux’ (Instagram, Facebook, Twitter etc.). Au début de son apparition, il n’était pas rare de se voir attribuer des Klout +, une sorte de reconnaissance dans un domaine bien précis, par la communauté. Au fil du temps, ne voyant pas l’intérêt pour un tel outil et surtout las d’avoir des demandes de ‘reconnaissance’ sociale, la plupart des utilisateurs ont abandonné l’outil et dénigré l’attribution de ces Klout +, du moins dans la sphère directe. Ce qui a pour conséquence de donner des indices Klout peut révélateur pour la communauté. Donc la plupart de la communauté trolle Klout et son utilisation et de s’y reconnait pas pour y trouver ses influenceurs.

Aussi, sans vouloir dénigrer le travail ni les intentions de Vincent Battaglia, baser le classement ‘purement et simplement’ sur le listing ainsi ‘pondu’ par Vincent et ainsi récolté semble un peu facile de la part des journalistes.

Où est le travail journalistique de fond, qui voudrait probablement que l’on trouve une clé de pondération ? Le classement 2012 avait au moins le mérite de se baser sur Klout ET sur PeerIndex et de donner une sorte de moyenne.

Je m’étonne aussi de la facilité déconcertante à trouver les utilisateurs uniquement francophones. Il est déjà très difficile d’identifier les influenceurs belges alors identifier uniquement les francophones (doit-on inclure les Bruxellois et les belges expatriés ?), relève quasi de la mission impossible. Le Data Mining est bien accessible au travers d’une myriade d’outils mais qui sont payant. Il y a aussi débat quant aux utilisateurs qui rédigent leur biographie en Anglais, plus facile pour correspondre et s’ouvrir au monde des médias sociaux, ou ceux qui communiquent en plusieurs langues. Certains utilisateurs ont l’air d’avoir été sacrifiés car ne répondant pas aux critères ‘linguistiques’.

Un outil payant n’est pas pour autant la garantie d’un résultat éloquent non discutable. L’interprétation des chiffres et des interactions restera toujours discutable.

Outils

Les analyses professionnelles de ce genre de classements sont à prendre avec les précautions d’usage. Tout néophyte voire professionnel du secteur a bien du mal à pouvoir interpréter et comprendre l’interprétation des chiffres puisés dans les médias sociaux.

il existe une myriade de produits et sociétés fournissant ce genre de service.

Par exemple (liste non exhaustive):

J’eusses aimé que la rédaction du Vif L’Express pousse davantage ses investigations en recoupant l’information pour ‘sa’ liste de Top 100 influenceurs francophones, en regardant le positionnement de ceux-ci au travers d’autres prismes, d’autres applications.

Typologie

La typologie de l’article fait aussi sourire. L’on parle de célébrité (figure dans le top 10000 des recherches sur klout), Info (partage des informations exclusives ou pas), Commente (Donne volontiers son avis sur l’actualité), Echange (dialogue régulièrement avec ses contacts), Blague (Possède une bonne dose d’humour, plus ou moins raffiné) et Auto promo (Evoque souvent ses activités privés ou professionnelles).

Sur la théorie, je ne vois pas de problème majeur. Quant à leur affectation à chaque utilisateur, sur quels critères doit-on se baser ? Est-ce que l’ensemble des tweets ou autres ont été décortiqués et analysés ? Que je sache, il n’y a pas de mot dièse (hashtag) attaché à chaque tweet pour tweet commenté, tweet rigolo etc. De temps à autres, l’auteur fait la part des choses et ajoute ‘auto promo’.

Je m’étonne au passage que certains utilisateurs tels que Adrien Devyver, Daniel Gagnon, ne sont pas ‘labellisés’ auto promo, ce qui est somme toute normal vu leurs activités professionnelles.

(Tentative de) Conclusion

En conclusion, on notera que le fond et la forme pour obtenir un tel classement est largement discutable et probablement très peu fiable. Les définitions de base et la méthodologie étant le point faible de ce genre de classement.

Gageons aussi, que la compilation de ce classement semble de l’extérieur ‘facile’ car pas vraiment une réflexion de fond ni de remise en question.

Il aurait été judicieux de le faire ‘valider’ ou de le faire revoir par la communauté elle-même. Après tout, la communauté ne se régule-t-elle pas elle-même ?

Il manquera, des ‘incontournables’ de la twittosphère belge, tels que

par exemple…

De toute manière, peu importe le classement établi, peu importe les outils et la méthodologie utilisée, il sera toujours discutable car trop subjectif et peu lisible en terme d’interprétation des chiffres.

La seule plus value d’un tel classement est peut-être d’avoir relancé le débat sur les manières d’identifier les ‘influenceurs’ ou comment tirer parti des nouvelles technologies et des réseaux sociaux.

Ce classement donnera, sans surprise pour moi, une indication subjective de la twittosphère belge, sans plus.

Ce soir, lundi 4 Mars 2013, à 18h, VIVAcité – A vos Posts abordera ce sujet. Vous pouvez prendre part au débat notamment via twitter en utilisant le hashtag (mot dièse) #vivaavp.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Pardonnez mon orthographe comme je pardonne la vôtre. Et surtout n’enfoncez pas le Klout dans plaie.

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About Martin Gillet

Freelance SAP HCM Consultant,trainer & SAP Mentor, Father of 2 little angels, Dreamer, Passionate over ERP Processes, Globetrotter & Student Pilot (on the fly). Follow me on twitter : @mgillet (Photo Avatar from Tom Raftery)
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2 Responses to Ils kloutent donc ils sont (influents) ? Doit-on enfoncer le klout dans la plaie ?

  1. Nathalie Parfait says:

    Merci pour ces explications et cette analyse !

  2. Bonjour,

    Il fallait que je le vois pour le croire (vu à l’occasion du Café numérique Mons ce soir), je suis dans ce top 100 !!!
    Sans plus… 😉

    Amicalement,
    Monique

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